23 mars, 2026

Pour célébrer le mois de la musicothérapie comme il se doit, Marcel Fisette, gestionnaire du service des communications à St.Amant, s’est entretenu en ce mois de mars avec Courtney Kuhl-Schlegel et Jessica LaRonde, toutes deux musicothérapeutes à St.Amant, afin de discuter de l’enrichissement que représentent le programme de musicothérapie dans la vie des personnes que nous soutenons et pourquoi la musique peut être un outil thérapeutique si puissant.
Marcel Fisette :
Pour commencer, pouvez-vous vous présenter, nous dire quel est votre poste et depuis combien de temps vous faites partie de l’équipe de musicothérapie? Courtney, commençons par toi.
Courtney Kuhl-Schlegel :
Je m’appelle Courtney Kuhl-Schlegel et je suis musicothérapeute à St.Amant. Je travaille ici depuis deux ans et demi. Au cours de ces deux années, j’ai appuyé la plupart des services de St.Amant faisant appel à la musicothérapie. En ce moment, je travaille principalement au sein des services de santé et de transition.
Marcel Fisette :
Merci. Jessica?
Jessica LaRonde :
Je m’appelle Jessica LaRonde et je suis musicothérapeute à St.Amant depuis 2023. J’ai récemment fait une petite pause parce que j’ai eu un bébé.
Marcel Fisette :
Ouah! Félicitations!
Jessica LaRonde :
Merci. Je travaille principalement au sein de l’École St.Amant, ainsi qu’aux services de santé et de transition et à l’unité de stabilisation.
MF : Pour les personnes qui ne connaissent peut-être pas la musicothérapie, comment la décririez-vous et de quelle manière aide-t-elle les personnes que nous servons à St.Amant? Jessica, commençons par vous.
JL : La musicothérapie est une pratique fondée sur des données probantes utilisant la musique et ses éléments pour atteindre des objectifs qui ne sont pas musicaux. Ces objectifs peuvent toucher différents domaines, notamment la santé cognitive, la communication, l’autorégulation et le renforcement socioémotionnel.
C’est aussi une pratique factuelle par l’intermédiaire de laquelle des musicothérapeutes autorisés utilisent la musique et ses éléments pour atteindre des objectifs n’étant pas musicaux.
À l’école communautaire, nous nous concentrons principalement sur la communication et l’autorégulation. Tous les objectifs sont spécifiques à chaque personne ou chaque groupe avec lequel on travaille.
MF : Courtney, souhaiterais-tu ajouter quelque chose?
CKS : C’est une excellente description. Un autre élément important de la musicothérapie à St.Amant est la collaboration. Nous travaillons étroitement avec des membres d’équipe interdisciplinaires tels que les orthophonistes, physiothérapeutes et ergothérapeutes.
La musicothérapie peut être un moyen très stimulant pour les gens d’essayer d’atteindre des objectifs pouvant être les mêmes dans d’autres domaines. Par exemple, quelqu’un apprenant à utiliser un nouvel appareil de communication pourrait être motivé à l’utiliser pour choisir des chansons, ce qui les aide à découvrir l’appareil d’une manière utile.
Il est aussi important de savoir que la musicothérapie est une question de musique et de relation thérapeutique. Nous ne sommes pas des professeures de musique et nous ne donnons pas de cours de musique. Nous tissons de véritables liens avec les personnes que nous soutenons.
Pour certains adultes des services de santé et de transition, la musicothérapie peut s’avérer être l’une des rares activités récréatives ou sociales qui leur semblent accessibles. Dans ces cas, la musicothérapie est synonyme d’interaction, d’attention et de joie.

MF : Pourriez-vous nous donner un exemple ou nous parler d’un moment où la musicothérapie a amélioré sensiblement la communication, le bien-être émotionnel ou la vie quotidienne d’une personne?
CKS : C’est une question difficile, non pas parce que ces moments sont rares, mais plutôt parce qu’ils sont tellement fréquents. La musicothérapie repose énormément sur les processus et les résultats les plus significatifs sont parfois visibles en dehors de nos séances.
Notre objectif est de faire en sorte que les compétences travaillées en musicothérapie soient utilisées dans la vie quotidienne. Quand on voit quelqu’un utiliser une stratégie de communication ou un outil de régulation sur lequel nous avons travaillé pendant une séance dans leur salle de classe ou pendant un moment difficile, c’est là que nous sommes heureuses. C’est là qu’on voit la transformation se faire.
JL : Je suis tout à fait d’accord. Pour moi, c’est le fait de voir ces compétences en action dans la vie de tous les jours. Voir quelqu’un mettre en pratique ce qu’on a travaillé dans une situation réelle est quelque chose de fort. Ce sont des moments magiques.
MF : Comment adaptez-vous les séances afin de répondre aux besoins, habiletés et préférences de chaque personne que vous soutenez?
JL : C’est vraiment le fondement de la musicothérapie. Notre formation est axée sur la capacité à trouver des moyens uniques de créer un lien avec chaque personne. Nous utilisons diverses techniques thérapeutiques et nous avons aussi accès à de nombreux instruments, accessoires, livres et instruments adaptés.
Par exemple, certains instruments peuvent être modifiés pour fonctionner à l’aide d’interrupteurs. Si quelqu’un a des difficultés motrices, mais veut jouer d’un instrument, nous pouvons collaborer avec les ergothérapeutes pour rendre cela possible. Nous utilisons aussi des instruments équipés de capteurs de mouvement, tels que des instruments qu’on secoue pour faire des sons.
CKS : Une autre différence clé entre les musicothérapeutes et les musiciens ou professeurs de musique est le degré d’attention que nous portons aux personnes que nous soutenons. Pendant les premières séances, nous passons beaucoup de temps à observer la manière dont la personne réagit aux différents sons et activités, et à mieux connaître ses préférences.
Certaines personnes réagissent mieux à une approche douce, tandis que d’autres adorent l’intensité et les rythmes soutenus. Même lorsque sur papier deux personnes ont des objectifs très similaires, la façon dont nous travaillons pour atteindre ces objectifs peut s’avérer complètement différente.
Nous sommes aussi un service clinique, donc nous passons aussi beaucoup de temps à évaluer, observer et créer des plans de traitement, souvent en collaboration avec d’autres cliniciens et, lorsque cela est possible, avec les membres de la famille et les personnes accompagnatrices.
MF : En ce mois de la musicothérapie, qu’espérez-vous que les membres du personnel, les familles et la communauté comprennent mieux par rapport au pouvoir de la musicothérapie et son influence?
CKS : Ce sur quoi j’aimerais mettre l’accent, c’est l’aspect collaboratif et holistique de la musicothérapie. Il y a tellement d’adaptabilité et de potentiel dans ce que nous pouvons faire, et nous cherchons continuellement de nouvelles façons de soutenir les gens.
Beaucoup de personnes sont conscientes du rôle que joue la musique en matière de bien-être émotionnel et social, ce qui fait partie intégrante de notre travail. Mais la musicothérapie peut aussi soutenir la réadaptation physique, la communication, la santé spirituelle et l’interaction sociale. Nous tenons à ce que les familles et les cliniciens sachent que nous faisons partie de leur équipe.
JL : J’ajouterais que la musicothérapie repose énormément sur le processus. Il s’agit d’être vraiment dans l’instant présent, de tisser des liens et de créer de véritables expériences. Même si nous travaillons avec des objectifs en tête, la question n’est pas de produire quelque chose, c’est l’expérience elle-même qui compte.
La musicothérapie s’adresse à tout le monde, et nous voulons qu’autant de gens que possible réalisent qu’elles peuvent vivre cette expérience.
MF : C’est indéniable que vous êtes toutes les deux passionnées par ce travail et que le programme est d’une grande importance. Merci énormément pour votre temps et vos points de vue.
CKS : Merci.
JL : Merci beaucoup.







